Les Grandes Surfaces Alimentaires
Une consommation alimentaire en recul
En 2008, la forte hausse des prix des produits alimentaires (de l’ordre de 4,5%) associée à la baisse du pouvoir d’achat des ménages a entraîné un recul de la consommation alimentaire en volume (-0,5%). Les restrictions de consommation que se sont imposées les français ont pénalisé l’ensemble des Grandes Surfaces Alimentaires (GSA). Les grandes surfaces ont accusé un recul de 1,6% de leur activité. Très prononcé pour les hypermarchés (recul de 2,2% du chiffre d’affaires en volume) le recul a été moins spectaculaire pour les supermarchés (- 0,8%), grâce à la présence dans cette catégorie des magasins Hard Discount (HD).
En 2009, la demande devrait rester orientée à la baisse (recul prévu de 0,3% de la consommation alimentaire des ménages en volume) mais XERFI prévoit un léger rebond d’activité pour les grandes surfaces alimentaires dû aux effets de la Loi de Modernisation de l’Economie et plus particulièrement à l’application du principe de libre négociation commerciale (fin du système des marges arrières) et aux facilités d’installation accordées aux moyennes surfaces. Le chiffre d’affaires de l’ensemble des GSA devrait progresser de 1% en volume en 2009. Cette croissance se fera probablement grâce à des gains de parts de marché au détriment du commerce indépendant.
Un changement structurel avec la hausse du nombre d’hypermarchés et l’essor du hard discount
Les GSA dominent largement le commerce alimentaire avec 67,5% de part de marché, une part stable depuis la fin des années 1990. Cette constance masque un profond changement structurel : hausse du nombre d’hypermarchés (1264 en 2003, 1594 en 2008) et surtout essor du hard discount (4350 magasins en 2008).
Les autres circuits de distribution alimentaire se situent loin derrière : 16,7% de part de marché pour l’alimentation spécialisée (en concurrence directe avec les GSA), 8,3% pour les petites surfaces d’alimentation générale et magasins de produits surgelés, 7,1% pour les autres circuits (dont marchés, Vente à Distance…).
Les parts de marché par enseigne font apparaître 3 groupes : les leaders (Leclerc, Carrefour et Intermarché) avec une part de marché de plus de 10% chacun, les challengers (Auchan, Système U et Champion) avec une part de marché comprise entre 8 et 9% et enfin les suiveurs avec une part inférieure à 5%.
Les hypermarchés sont contrôlés à 95% par 6 sociétés : Leclerc largement dominant avec 453 points de vente, Carrefour, Intermarché, Super U, Auchan et Géant Casino.
La gamme des supermarchés est dominée par Intermarché (1260 points de vente) et Champion (866).
Le parc de magasins hard discount s’était accru en moyenne de 8,3% par an de 2003 à 2006. La progression du parc hard discount a légèrement ralenti en 2007 (+ 3,7%) et 2008 (+ 3%). Lidl (contrôlé par un groupe allemand) est la principale enseigne HD en France avec 1360 points de vente, Ed (Carrefour) totalise 884 points de vente, Aldi (également contrôlé par un groupe allemand) se situe en 3ème position avec 797 points de vente devant Leader Price et Netto (Intermarché).
Les marges se dégradent…
Sur la période 2002/2008, le tableau n’est pas idyllique pour les grandes surfaces. La croissance de l’activité n’a pas été suffisante pour absorber la hausse des charges, notamment la masse salariale. Les investissements consentis pour agrandir un certain nombre de points de vente (passage de supermarchés en hypermarchés) ont pesé sur les résultats financiers. Conséquence : le taux de résultat courant avant impôt et le taux de marge économique brute se sont dégradés.
Les stratégies d’expansion se poursuivent pourtant : les groupes cherchent des relais de croissance dans les pays émergents, tentent de se diversifier (téléphonie mobile pour super U par exemple), peaufinent leurs stratégies sur le web.
La plupart des groupes adoptent une stratégie de communication sur les prix et mettent en avant leurs Marques De Distributeurs (MDD). Les MDD, repositionnées prioritairement sur les produits d’entrée de gamme sont aujourd’hui essentielles dans l’activité de la grande distribution. Elles représentaient en 2008, 36% des ventes en volume et leur part devrait encore se renforcer en 2009.
Quelles incidences pour les fournisseurs aveyronnais ?
Bon nombre de nos fabriquants se sont mis en ordre de marche pour préserver leurs marges en vue du "presse-citron" de la négociation en centrale d'achat. Deux approches se dégagent. La première consiste à investir pour faire des gains de productivité et sauver quelques points de marge même lorsque l'on est obligé de passer par la case MDD. La seconde est contenue dans un mot : la différenciation ; par une stratégie de marque à valeur ajoutée, par une typicité du produit qui le rend non comparable, par une stratégie de distribution diversifiée non monocircuit et surtout pas monoclient, par le développement de l'export... en bref, tous les moyens pour sortir de cette guerre des prix à terme destructrice de nos entreprises.
Source : étude XERFI « Grandes surfaces alimentaires » – novembre 2008
|