Marc Leclerc, le très dynamique directeur de MJ2
Aujourd’hui à la tête de MJ2, l’entreprise aveyronnaise qui produit des turbines hydrauliques pour les basses chutes d’eau (de 3,20m à 1,40m), Marc Leclerc est un familier du monde de l’hydroélectricité au sein duquel il a réalisé l’ensemble de sa carrière.
Titulaire d’un BTS et d’un MBA obtenu à l’ISG Paris, ce qui lui permettra de voyager à New-York, Tokyo et Pékin, Marc Leclerc a une formation aussi bien technique que commerciale. Ses affinités avec l’étranger et les langues étrangères (il parle parfaitement l’espagnol et l’anglais) lui permettent aujourd’hui de se positionner naturellement sur le marché export.
Diplômes en poche, il part à l’étranger et débute sa carrière dans la filière hydroélectrique dans le cadre d’un VSNE. Un univers industriel qu’il ne quittera plus. De retour en France il s’engage avec STEEL Technologie à Mazères sur Salat où il prend la direction export et y fait ses preuves en faisant passer en 18 mois la part de l’export de 10% à 90% du chiffre d’affaires!
On retrouve Marc Leclerc en 1993 au sein de la société Hydrodata qui exploite un parc de 25 centrales hydroélectriques en tant que Directeur technique. Il gère également une société qui produit de l’informatique industrielle. Puis, en 2000 il rejoint Alstom Barcelone, anciennement Neyrpic Española, comme directeur des ventes internationales de la filiale petites turbines hydroélectriques. En intégrant les rangs du leader mondial il franchit alors une étape importante de sa carrière.
Trois ans plus tard, cet entrepreneur né, a plusieurs dossiers sur sa table puisqu’en plus du lancement programmé de MJ2 aux côtés de ses associés, il participe au lancement d’une usine de recyclage de plastique à Perpignan (RPC) et au développement de la technologie du scan en 3D (Datapixel). Des projets abandonnés au fur et à mesure des années pour se concentrer dès 2008 sur le développement commercial de MJ2 dont il a pris la tête aux côtés de Jean-Marc Labarthe et Jacques Fonkenell (venu du numéro un mondial des petites turbines hydroélectriques, l’autrichien Andritz) qui est le concepteur des turbines VLH, les turbines basses chutes d’eau. Mr Fonkenell veille aujourd’hui en tant que conseiller technique au développement de son invention et il demeure l’actionnaire principal et la référence technique de MJ2 technologies.
Le brevet est déposé en novembre 2003 par Mr Fonkenell et la société remporte le prestigieux concours du ministère de la recherche dédié à la création d’entreprise innovante. Un prix de 160 000 € permet à MJ2 de se lancer et de consacrer un budget conséquent à la recherche et développement.
Une aide qui sera complétée par celle de l’Ademe et plus curieusement du ministère canadien des ressources naturelles soucieux de s’assurer qu’une entreprise fabriquerait bien des turbines basses chutes pour son très important marché intérieur.
L’innovation comme moteur.
Avec 39 machines vendues depuis le lancement de l’activité de MJ2, Marc Leclerc considère que le chemin parcouru est plus que positif. La phase de recherche et développement initiale est maintenant terminée. La phase industrielle est lancée mais l’effort d’amélioration du concept et d’intégration du retour sur expérience demeurera.
Aujourd’hui, certain que sa technologie a un grand avenir, représentant une vraie avancée depuis les inventions de Kaplan dans les années 1930, Marc Leclerc voit loin.
La société est passée par des phases d’expérimentation, a essuyé quelques échecs techniques, mais l’équipe de MJ2 a su les faire fructifier afin d’avancer encore plus vite que prévu. C’est l’installation de la première turbine sur le site de Troussy à Millau qui permit de véritablement lancer la technologie, valider l’intuition technologique de départ (pour être efficace il fallait augmenter le diamètre de la roue de la turbine et l’intégrer à un bloc autoporteur) et améliorer la production.
Une énergie verte et rentable.
A l’heure où l’on s’interroge sur le nucléaire et alors que le prix du pétrole augmente sans cesse, Marc Leclerc considère pourtant qu’on ne parle pas assez de l’énergie hydroélectrique, la plus ancienne énergie renouvelable selon lui. Entièrement recyclable, fiable et la plus uniformément répartie sur la planète (20% de la production mondiale d’électricité), l’hydroélectricité est une énergie d’avenir. Selon Marc Leclerc, le temps où l’on noyait des vallées comme c’est le cas en Chine est désormais révolu et l’avantage principal de ses petites turbines VLH, qui sont quasi insonores et invisibles, est de justement s’installer sur des barrages déjà existants. Marc Leclerc souhaiterait que la France continue d’être à l’avant-garde de cette source d’énergie.
Un entrepreneur qui voit loin.
Actuellement en charge du développement commercial, de la communication et des finances de MJ2, Marc Leclerc vient d'organiser le déménager de ses locaux de Millau centre à la Zone d’Activité Millau Larzac de La Cavalerie. L’occasion d’organiser avec Nicolas Klein, le responsable de site, le doublement des équipes de chantier avec pour objectif avoué de pouvoir installer et mettre en service deux turbines en parallèle.
Le site de La Cavalerie, dont ils sont désormais locataires, a représenté une véritable opportunité que l’entreprise a su saisir. Avec 7m50 sous crochet et une capacité de levage de 32 tonnes, le bâtiment correspondait au cahier des charges de MJ2.
La société, qui compte une douzaine d’ingénieurs et techniciens, continue de servir EDF en Mayenne, devenu son client principal et va débuter la fabrication de 4 grosses machines de 360 KW (800 000€ pièce) destinées à être installées en Pologne en 2012. Le chiffre d’affaires de 4,5 M d’€ en 2010 devrait atteindre 5 à 6 M d’€ en 2011.
Aujourd’hui, les clients de la société achètent chaque turbine entre 450 000 et 800 000€, revendent leur électricité au réseau et sont souvent bénéficiaires au bout de 10 ans.
Les turbines VLH sont aujourd’hui les seules au monde et n’ont comme concurrents que des sources alternatives de production d’énergie. Autant dire que pour Marc Leclerc, surtout au moment où MJ2 commence à récolter les fruits de ses risques industriels, le développement commercial s’annonce très porteur, notamment à l’export, en direction des pays développés à forte tradition hydroélectrique ou des pays en voie de développement disposants d’importantes ressources hydrauliques mais peu de relief.
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